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Un cheikh et un prêtre s’unissent pour aider les sans-abri de Sao Paulo

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Un cheikh et un prêtre catholique ont uni leurs forces pour aider les sans-abri de Sao Paulo, parcourant les quartiers pauvres de la ville en voiture pour offrir des repas gratuits.

Le véhicule accrocheur, appelé « Cheikh-móvel » (Cheikh-mobile) par son propriétaire, le cheikh musulman Rodrigo Jalloul, porte une photo du père Júlio Lancellotti, dont le travail avec les pauvres l’a amené, il y a des années, à être nommé vicaire de l’archidiocèse de São Paulo pour les sans-abri. La camionnette comprend également les noms du centre islamique et de la pastorale des sans-abri.

Un duo extraordinaire pour aider les sans abri de Sao Polo

En effet, Lancellotti a joué un rôle fondamental dans la création de la Cheikh-mobile, un véhicule utilisé quotidiennement par Jalloul et ses collègues pour distribuer des repas chauds aux sans-abri de Penha, le quartier où se situe son centre islamique.

Lancellotti et Jalloul se sont rencontrés pour la première fois il y a quelques années, lors d’une émission télévisée mettant en vedette différents chefs religieux. Avant la pandémie de COVID-19, Jalloul se rendait déjà tous les lundis à la paroisse de Lancellotti pour l’aider à offrir le petit-déjeuner aux sans-abri, ce que le curé fait depuis plusieurs années.

Religieux chiite né au Brésil, Jalloul a étudié à Qom, en Iran, pour obtenir le titre de mollah. En 2013, après avoir visité le Brésil, il s’est vu interdire de retourner en Iran et a fini par poursuivre sa propre voie au Brésil.

« Le père Lancellotti m’a conseillé de m’orienter vers l’action sociale dans mon centre islamique, ce que la communauté musulmane du Brésil oublie souvent de faire, il a été un excellent mentor », a déclaré Jalloul.

« Il m’a appris beaucoup de choses sur son travail. Il m’a montré qu’il ne s’agit pas de donner de la nourriture aux pauvres, mais d’être avec eux », a ajouté Jalloul.

Selon le cheikh, leur travail caritatif commun a contribué à réduire le sentiment anti-musulman chez de nombreuses personnes à São Paulo.

Jalloul espère que leur projet encouragera les dirigeants de toutes les religions à faire un travail similaire avec les sans-abri.

« La population sans-abri de Sao Paulo a été officiellement estimée à plus de 30 000 personnes, mais nous pensons que le nombre réel est beaucoup plus élevé », a-t-il affirmé.

La communauté musulmane au Brésil

L’islam est une religion minoritaire au Brésil , d’abord apportée par des esclaves africains puis par des immigrés libanais et syriens.

Bien que le recensement de 2010 ait évalué le nombre de musulmans au Brésil à 35 207 ; les associations musulmanes du Brésil ont donné un nombre plus élevé d’adhérents : de 400 000 à 1,5 million. Ces estimations englobent une fourchette de 0,01 à 0,75 % de la population brésilienne

Dans la partie est de São Paulo – la partie la plus grande et la plus pauvre de la ville ; où vit un tiers des 12,3 millions d’habitants de la ville.

Un exemple concret du dialogue interreligieux

L’activisme du cheikh a retenu l’attention des médias, mais il a nié que son intention soit le prosélytisme religieux par le biais de la charité. « Il ne s’agit pas de répandre la religion mais de donner l’exemple et de servir la volonté de Dieu. Il veut que nous nous aidions et nous aimions », a-t-il déclaré.

Lancellotti dit que la façon dont lui, Jalloul et d’autres dirigeants ont construit un dialogue interreligieux peut également aider les gens à repenser leur rôle dans la société et en tant que religieux.

« Nous ne nous réunissons pas pour discuter de théologie mais pour travailler ensemble pour les pauvres », a-t-il déclaré.

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