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Société

Suisse : 35% des musulmans se sentent discriminés

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En Suisse, près de 35% des musulmans se sentent discriminés en raison de leur appartenance religieuse. Ce chiffre est tiré de l’Enquête sur la langue, la religion et la culture (OFS) 2019 du Federal Bureau of Statistics.

Le site Reforme qui a rapporté l’étude souligne que c’est la première fois que les répondants sont interrogés directement, de sorte que les résultats sont donc sans comparaison. L’enquête OFS Vivre ensemble en Suisse 2018 a déjà révélé que l’hostilité à l’égard des musulmans en Suisse s’élève à 11% et que la désapprobation de cette foi est de 29%.

« Malheureusement, ces chiffres ne m’étonnent pas », confie Montassar BenMrad, président de la Fédération des organisations islamiques en Suisse (FOIS). Les chiffres de l’OFS font état de perceptions personnelles et non de cas avérés. En 2019, 55 incidents relevant de l’hostilité à l’égard des musulmans avaient été recensés par les centres de conseil pour les victimes du racisme. Comment expliquer une telle différence? « Nous nous sommes rendu compte que beaucoup de personnes se sentent démunies face à la discrimination. Lorsqu’elles partagent un cas à la police, on leur demande d’avoir des éléments probants pour porter plainte. Et les victimes sont souvent peu informées des démarches à entreprendre. Certaines craignent d’avoir des ennuis ou pensent que cela ne sert pas à grand-chose », explique le président de la FOIS.

L’enquête de l’OFS montre que les principales discriminations perçues par les musulmans sont vécues dans le cadre de « la recherche de logement et les conversations d’abord, suivies de l’école et de la formation, les transports et les lieux publics et le monde du travail », liste Maik Roth, responsable des recherches qui ont été menées.

Alors que le sentiment de discrimination religieuse concerne 4,6% des protestants, 6,2% des catholiques ou encore 6,8% des sans religion, quels facteurs expliquent que les musulmans occupent la première place du classement? Ils sont multiples, à commencer par une tendance à l’amalgame. « Il est difficile de dire ce qui est réellement attribué à la religion ou à l’origine. Il s’agit plutôt d’une discrimination ethno-religieuse », analyse Anaïd Lindemann, sociologue des religions. Elle précise que si, selon les chiffres de l’OFS de 2014, 94% des musulmans en Suisse sont issus de l’immigration (première ou deuxième génération), plus d’un tiers (37%) est de nationalité suisse. Lors des entretiens qu’elle a menés auprès des personnes actives dans les milieux associatifs et de lutte contre la discrimination, la chercheuse a relevé que les difficultés d’accès à l’emploi, et les agressions verbales et physiques dans l’espace public touchent particulièrement les femmes voilées, qui restent plus visibles.

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