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Politique

L’Assemblée nationale s’enflamme sur la question du port du voile

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L’Assemblée nationale s’est enflammée mardi soir pour savoir si les assesseures des bureaux de vote pouvaient porter un voile islamique. Pendant près de deux heures, les députés se sont déchirés autour d’un bref amendement, finalement rejeté, émanant du MoDem, partenaire de la majorité, qui aurait interdit tout signe ostentatoire d’appartenance religieuse pour le personnel des bureaux de vote, comme c’est déjà le cas pour les signes politiques.

La ministre Marlène Schiappa, représentant le gouvernement, a appelé à « ne pas alimenter une spirale de stigmatisation et de haine », en soulignant que dès qu’un assesseur remplaçait le président du bureau il était déjà tenu d’enlever tout éventuel signe religieux.

Elle a aussi dénoncé une mesure inspirée par le cas du candidat du RN aux régionales en Île-de-France, Jordan Bardella, qui avait voté dans un bureau où se tenait une assesseure voilée.

Ce n’est pas un ‘amendement Bardella’ »mais du simple bon sens », a répondu le MoDem Bruno Millienne.

La droite, qui fait de la question du voile son cheval de bataille sur ce texte sensible, s’est emparée de cet amendement « opportun », selon le LR Éric Ciotti, pour relever les divisions au sein de la majorité sur ce sujet.

Éric Ciotti est longuement monté au créneau pour soutenir la proposition du groupe centriste et dénoncer l’ensemble du projet de loi gouvernemental contre le séparatisme comme étant un simple « filet d’eau tiède » face à la menace islamiste et terroriste.

Marlène Schiappa a repris la parole pour saluer le civisme de la femme voilée du bureau de vote, avec cette pique à l’encontre d’Éric Ciotti: « Peut-être qu’avec plus de dames comme elle et moins de gens comme vous la démocratie s’en porterait mieux ».

En retour, le député des Alpes-Maritimes l’a accusée d’être « l’ambassadrice de la lâcheté et de l’inaction ».