Suivez nous

Culture

Inde : une application vend des musulmanes en ligne

Publié

le

En Inde l’islamophobie a dépassé un cap lorsque des femmes musulmanes se sont retrouvées en vente sur une application mobile.

L’affaire a été révélée par BBC qui fait savoir que l’application Sulli Deals propose la vente de femmes musulmanes dont les photos ont été prises des réseaux sociaux.

C’est le cas de Hana Khan, pilote de ligne, qui explique avoir découvert sa photo et son nom d’utilisateur sur le site en question, ainsi que les noms de 83 autres femmes, parmi lesquelles certaines de ses amies.

L’application prétendait offrir aux utilisateurs la possibilité d’acheter un « Sulli », un terme argotique péjoratif utilisé par les trolls hindous de droite pour désigner les femmes musulmanes. Il n’y avait aucune vente aux enchères réelle, le but de l’application étant simplement de dégrader et d’humilier.

GitHub – la plateforme web qui hébergeait l’application open source – l’a rapidement fermée à la suite de plaintes. « Nous avons suspendu les comptes des utilisateurs suite à l’enquête sur les rapports de telles activités, qui violent toutes nos politiques », a déclaré l’entreprise dans un communiqué.

Mais l’expérience a laissé des traces chez les femmes. Les personnes qui ont figuré sur l’application étaient toutes des musulmanes qui s’expriment, notamment des journalistes, des activistes, des artistes ou des chercheurs. Quelques-unes ont depuis supprimé leurs profils sur les réseaux sociaux et beaucoup d’autres ont dit qu’elles avaient peur d’être à nouveau harcelées.

Mais plusieurs des femmes dont les coordonnées ont été partagées sur l’application ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour dénoncer les « pervers »et ont promis de se battre. Une douzaine d’entre elles ont formé un groupe WhatsApp pour chercher – et offrir – du soutien et certaines d’entre elles, dont Mme Khan, ont déposé des plaintes auprès de la police.

Des citoyens, des militants et des dirigeants éminents se sont également élevés contre ce harcèlement.

Les personnes qui ont créé l’application ont utilisé de fausses identités, mais Hasiba Amin, coordinatrice des réseaux sociaux pour le parti d’opposition Congress, a mis en cause plusieurs comptes qui attaquent régulièrement les musulmans, en particulier les femmes musulmanes, et prétendent soutenir les politiques de droite.

Les autorités indiennes ont annoncé avoir ouvert une enquête, mais gardent pour le moment le silence quant à l’identité des personnes qui ont orchestré cette campagne.