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Politique

Gérald Darmanin et sa conception de l’Islam de France

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Le nouveau Ministre de l’Intérieur Français, Gérald Darmanin a annoncé dernièrement le devoir de la République Française de se battre «contre l’islamisme politique». Mais sa vision de l’islam dans l’hexagone et son plan d’attaque ont été consigné en 2016 déjà dans un document intitulé « Plaidoyer pour un islam français. Contribution pour la laïcité ». 

Ce document de 65 pages, remis aux candidats de la primaire des Républicains, en 2016, à l’approche des présidentielles, contenait toutes  les grandes lignes du plan du désormais Ministre de l’Intérieur, lequel exposait une vision de centralisation du culte musulman, à travers un « Grand Conseil » aux larges pouvoirs. Mais pas que ca, Darmanin proposait également plusieurs autres mesures « radicales ».  Ses propositions s’appuient sur un tableau alarmiste des relations entre « les Français non musulmans et l’Islam », séparés selon lui par un « fossé [qui] devient un canyon ».  Le Ministre nuance toutefois ses propos  et estime que  si « l’Islam radical », « armé et idéologique », est « incompatible avec la République », ce n’est pas le cas de la « grande majorité des croyants ».  Darmanin  s’inspire également de la politique de Napoléon envers le judaïsme pour « imposer [à l’islam] une concorde, c’est-à-dire un ensemble de règles, peut-être pour un temps défini, afin de l’assimiler totalement à la République». Selon lui, et face au « risque de rupture » entre « les millions de musulmans vivant en France et la République », face à « la guerre civile » qui « couve », la République devait opter pour une politique résolue « d’assimilation ».

Dissolution du CFCM, Imams et voile

Parmi les mesures préconisées par l’actuel Ministre de la police, il suggérait la dissolution du CFCM. Car  pour lui, l’organisme est devenu inopérant en raison de 3 grands défauts : « Le premier est le manque de pouvoir que le CFCM a sur l’organisation concrète du culte ».  C’est à dire qu’il  n’a pas les moyens de  contrôler les mosquées, il ne nomme ni n’agrée les imams, il ne peut pas prendre de sanction, il n’élabore pas de ligne, il ne peut aider financièrement la construction des lieux de culte. Le deuxième défaut est son manque de légitimité. La composition de son bureau est le fruit de subtils rapports de forces entre les fédérations de musulmans. Le mode d’élection évite la consultation de la « base » des croyants.  Le troisième est le fait que « les principales fédérations de musulmans et la composition du bureau du CFCM sont le contraire de la volonté première d’avoir un Islam de France : les jeux de pouvoirs et les nominations sont le fruit des liens avec les pays musulmans du monde en général et arabes en particulier ».

D’ailleurs, il estime que le CFCM  est sous influence directe des ambassades étrangères. Ainsi, cet organisme devrait être supprimé pour être remplacé par un Grand Conseil de l’islam de France.

A ce propos, il propose de  mettre fin aux conventions internationales qui lient la France avec des États étrangers pour « encadrer » la venue d’imams d’Algérie, de Turquie ou d’ailleurs.

En outre, il met en avant la question de l’entretien et le fonctionnement des mosquées qui posent selon lui  le problème du manque de transparence des fonds et des 48 interventions financières étrangères.  Dans ce sillage, il juge que « la formation des imams est un des plus grands défis auquel doit faire face l’Islam français ».  « L’imam doit être capable de connaître par cœur son texte sacré, mais il doit aussi pouvoir l’interpréter, le contextualiser, l’adapter à la modernité du pays, dans lequel vivent les musulmans. Il doit être bilingue, sachant lire le texte sacré en arabe mais pouvant le traduire aux fidèles. Le prêche, qui doit être prononcé en français pour être compris par tous, doit se fonder sur cette contextualisation » ajoute-t-il.  

Pour la question du voile, le Ministre souligne dans son rapport que ce dernier « n’est pas une prescription coranique » mais surtout « un vêtement culturel de la péninsule arabique et du Maghreb ».

A la fin de son rapport, Gérald Darmanin suggère six solutions, dont ;

*la modification de la constitution, où il serait nécessaire d’ajouter un chapitre additionnel portant sur la place de la liberté religieuse dans le pays qui devrait s’exercer sans contredire les valeurs républicaines, et par la même ajouter la notion de «laïcité» à la devise de la République.

*l’interdiction de tout financement étranger et permettre à l’Islam de France d’être aidé par des voies françaises

*la formation des ministres du culte

*la Sanctuarisons de l’enseignement public, le renforcement et l’accompagnement de l’enseignement privé

Ainsi, maintenant qu’il est Ministre de l’Intérieur, et ayant le pouvoir et les moyens,  Gérald Darmanin mettra-t-il son plan à exécution ?. L’avenir nous le dire.

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