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L’Allemagne forme des imams « made in Germany »

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Pour tenter de restreindre le nombre d’« imams importés », l’Allemagne lance la première formation professionnelle de cadres religieux soutenue par l’Etat mais l’initiative reste contestée en raison du manque de participation des principales organisations turques. 

Une quarantaine de futurs responsables musulmans du culte, hommes et femmes, entament un cursus de deux ans dispensé par le Collège de l’islam à Osnabrück, dans le nord-ouest du pays.

Les premiers cours se sont déroulés  lundi dernier, parmi les 12.000 volumes de la vaste bibliothèque ; acquise en Egypte et l’inauguration officielle se tient mardi. Ouverte aux titulaires d’un bachelor en théologie islamique ou d’un diplôme équivalent ; la formation propose des apprentissages jalonnés par des stages et axés sur la pratique ; récitation des versets du Coran, techniques de la prédication, pratiques cultuelles ou encore éducation politique. Dans un pays qui compte entre 5,3 et 5,6 millions de musulmans (entre 6,4 et 6,7 % de la population) ; et ne cesse de s’interroger sur la place de l’islam ; l’Etat fédéral et le Land de Basse-Saxe notamment soutiennent financièrement le programme.

Formation d’imams en Allemagne

L’apprentissage « se distingue par deux particularités : nous voulons refléter la réalité de la vie ; des musulmans en Allemagne et les enseignements se déroulent exclusivement en allemand », explique à l’AFP Esnif Begic, qui préside le Collège de l’islam. « Nous sommes des musulmans allemands ; nous faisons partie intégrante de la société et nous avons maintenant ; la possibilité de devenir des imams « Made in Germany », renchérit l’un des étudiants, Ender Cetin, qui officie déjà bénévolement comme imam dans une prison pour jeunes de Berlin.

Jusqu’à présent, l’immense majorité des imams en Allemagne sont détachés par des pays musulmans ; en particulier par la Turquie, formés et payés par leur Etat d’origine. Ainsi, la moitié environ des 2.000 à 2.500 imams appartiennent à l’organisation turque DITIB, directement dépendante du ministère turc du Culte, et qui gère 986 communautés locales, selon une étude de la Fondation Konrad Adenauer. Pour les autres, 80 % à 90 % sont envoyés d’Afrique du Nord ; d’Albanie ou de l’ex-Yougoslavie, selon la même source.

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