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Politique

Espionnage au profit du Maroc à la grande mosquée de Bruxelles, les institutions musulmanes s’insurgent

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Les institutions musulmanes de Belgique se sont insurgées samedi des « déclarations infondées du ministre de la Justice » à propos des soupçons d’espionnage pour le compte du Maroc qui pèsent sur la Grande mosquée du Cinquantenaire, à Bruxelles.

Certains nouveaux dirigeants de la Grande mosquée, désignés dans l’optique de mettre un terme à l’influence de l’Arabie Saoudite, sont soupçonnés par la Justice d’espionnage pour le compte du Maroc. Le ministre de la justice,  Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a ainsi rendu un avis négatif, selon la RTBF sur la base d’éléments de la Sureté de l’État qui a bloqué le dossier, pointant des ingérences étrangères au sein de l’ASBL « Association de gestion de la Grande Mosquée de Bruxelles », gestionnaire de la mosquée. L’ASBL, mise sur pied par l’Exécutif des Musulmans de Belgique, avait endossé cette fonction afin de mettre fin à l’influence de l’Arabie saoudite, qui finançait la mosquée depuis plusieurs dizaines d’années.

La Sûreté a mis en avant le manque de diversité au sein des organes de gestion, le Ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld) allant jusqu’à dénoncer les « tentacules du Maroc » empêchant un islam autonome de se développer en Belgique. Il souhaite ainsi un renouvellement de tous les organes de l’Exécutif musulman de Belgique.

« Au nom de l’Exécutif des musulmans de Belgique, de l’Association de gestion de la Grande Mosquée de Bruxelles et du Conseil de coordination des institutions islamiques de Belgique, nous ne pouvons qu’exprimer nos regrets quant à la suspension du processus de reconnaissance de la Grande mosquée de Bruxelles, malgré un travail de longue haleine constructif et concerté avec les pouvoirs publics », déplorent les institutions dans un communiqué commun, en regrettant « les déclarations du Ministre de la Justice parues le 4 décembre 2020 dans la presse font fi de tous les acquis réalisés dans le domaine de l’institutionnalisation de l’islam en Belgique et ce, depuis 1998, et sont complètement ignorés alors qu’une réunion a été demandée au Ministre de la justice pour lui faire part d’un rapport d’évaluation. Rendez-vous qui n’a toujours pas été accordé par le Ministre ».

« Nous réfutons toute accusation relative aux pseudo-ingérences des pays étrangers et d’espionnage, qui sont totalement infondées », poursuivent-elles, jugeant « diffamatoire, injurieux et calomnieux de déclarer que nos membres seraient des espions à la solde de pays étrangers ». « Nous considérons ce discours comme une ingérence manifeste dans les affaires du culte islamique », ajoutent-elles, en appelant à la liberté de culte et aux principes de neutralité et de séparation entre « l’Église et l’État».

Elles reprochent en outre à Vincent Van Quickenborne de vouloir définir des qualifications pour le culte musulman. Le ministre a estimé vendredi que « l’EMB devrait promouvoir un islam progressiste compatible avec les valeurs de notre société ». Il reproche ainsi à l’Exécutif musulman de ne compter aucune femme parmi ses représentants, qui ne refléteraient en outre pas la diversité linguistique au sein de l’islam belge.

Alors que le ministre a dit souhaiter un renouvellement de tous les organes de l’EMB, ce dernier a souligné qu’il n’appartenait « pas aux politiques de lancer un appel aux communautés religieuses quant au choix de leurs représentants ». Les institutions musulmanes de Belgique concluent en affirmant toutefois rester ouvertes au dialogue avec les pouvoirs publics : «la communauté musulmane de Belgique n’acceptera pas d’être intimidée et stigmatisée à travers ses institutions et ses membres. Nos institutions restent ouvertes au dialogue avec les pouvoirs publics comme elles l’ont toujours été ».

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