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Politique

France : les attaques islamophobes ont doublé en 2020

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Il ne fait pas bon vivre en France quand on est musulman. Les attaques ciblant les musulmans ont augmenté de 52 % l’année dernière.

C’est le constat dressé par la 30e édition du rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie réalisé par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) rendu public le 8 juillet dernier et remis au premier ministre Jean Castex.

La CNCDH, qui assure auprès du gouvernement un rôle de conseil et de proposition dans le domaine des droits de l’homme, a dressé son propre constat en s’appuyant en partie sur une note du Service central du renseignement territorial (rattaché à la police nationale et au ministère de l’Intérieur) qui a établi pour 2020 « le bilan des actes à caractère antisémite, antimusulman, antichrétien, raciste et des atteintes aux milieux de culte et sépultures ».

Ces statistiques montrent que la baisse globale des actes racistes enregistrée en 2020 (-26 %) ; ne s’applique pas aux attaques ciblant les musulmans. Bien au contraire. « Au quatrième trimestre, on recense 151 faits en 2020 contre 52 en 2019, soit un quasi triplement, qui suffit à expliquer une hausse globale de 52 % sur l’ensemble de l’année [de 154 en 2019 à 234 en 2020] », révèle le rapport.

« À partir de cette observation, la CNCDH exprime sa très forte inquiétude face à des dérives ; dans le champ politique comme dans certains médias et sur les réseaux sociaux. Elle en souligne la très grande nocivité, appelant à la plus grande vigilance à leur égard » ; indique la commission, rappelant avoir émis un avis défavorable le 28 janvier 2021 sur la loi sur le séparatisme.

Sur l’ensemble des actes antimusulmans, 75 % correspondent à des menaces (insultes publiques, graffitis, etc.). Les atteintes aux lieux de culte ont augmenté quant à elles de 38 % en 2020.

« Mais attention, ces chiffres ne sont pas très exhaustifs. On sait qu’il y a des victimes qui ne portent pas plainte et qu’il y a un chiffre noir [différence entre les chiffres connus et la réalité]. Les statistiques du Service central du renseignement territorial se basent sur des remontées du terrain ; en provenance d’associations comme l’Observatoire contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman » ; souligne également à MEE Nonna Mayer, chercheure émérite au CNRS, spécialiste de l’extrême droite ; du racisme et de l’antisémitisme et membre de la CNCDH.

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